Focus sur la tuyauterie équine

Pourquoi le cheval est-il aussi fragile au niveau digestif ?

L’alimentation du cheval moderne riche en amidon et pauvre en fibres, couplée à l’entrainement vont à l’encontre du comportement naturel des équidés qui sont avant tout herbivores.

Les méthodes d’élevage actuelles peuvent donc engendrer un déséquilibre de la flore intestinale, et ainsi interférer avec la digestibilté des nutriments et la santé digestive.

Et comment ça marche ?

Étape 1 : La bouche

Le cheval mastique de deux manières différentes en fonction du type d’aliment ingéré :

  • FOIN : le mouvement des mâchoires se fait en 8 de chiffre, ce qui permet une usure uniforme des dents qui poussent en continu.

1kg de foin = 40 min. de mastication, soit 3000 à 3500 coups de mâchoire = 10 à 12L de salive.

  • CONCENTRÉS : les mâchoires hachent les aliments en « claquant », ce qui engendre une usure non uniforme et l’apparition de sur-dents souvent à l’origine de graves problèmes digestifs.

1kg de concentré = 10min. de mastication, soit 1000 coups de mâchoire = 3 à 4L de salive.

La production de salive, en moyenne de 40L par jour, joue un rôle essentiel dans le démarrage du processus de digestion du cheval. Elle permet de lubrifier les aliments, évitant ainsi les bouchons oesophagiens. La salive est aussi source de bicarbonate, ayant un fort pouvoir tampon pour l’estomac afin de minimiser le risque d’ulcères.

Notre conseil :

  • Ne négligez pas l’apport en fourrage dans la ration de votre cheval, au minimum 9kg de matière sèche par jour pour un cheval de 500kg (Utilisez un pèse-bagage et un filet à foin). Il permet la production d’une quantité suffisante de salive, nécessaire à sa bonne santé digestive. De plus, dans son état naturel, le cheval broute en moyenne 15h, cela lui permet de ne pas s’ennuyer.
  • Faites vérifier les dents de votre cheval par un professionnel tous les 12 mois min.

Étape 2 : L’estomac

L’étape préliminaire à la digestion enzymatique a lieu au niveau de l’estomac. C’est ici que les protéines commencent à être digérées. Cet organe a la particularité de produire de l’acide chlorhydrique en continu. C’est cette substance qui engendre souvent l’apparition d’ulcères. En effet, si l’ingestion de fourrage est insuffisante, la production de salive et donc de bicarbonate n’est pas assez élevée pour équilibrer le pH, causant ainsi une corrosion de la paroi stomacale.

La vidange de l’estomac se fait de façon séquentielle, il est donc important de ne pas le surcharger afin que le contenu gastrique ne soit pas transféré trop vite à l’intestin grêle.
Dans ce cas, la pré-digestion n’aura pas été efficace et engendrera des troubles digestifs.

Notre conseil :

  • Le foin doit être apporté avant les concentrés afin de « tapisser » le dessus du contenu de l’estomac et tamponner l’acidité.
  • Ne travaillez jamais un cheval à jeun.
  • Soyez attentif à l’excès d’amidon que la ration peut apporter et fractionner les apports au maximum. (Pour plus d’1g d’amidon par repas pour un cheval de 500kg, soit 1kg d’orge.)

Étape 3 : L’intestin grêle

L’intestin grêle sécrète une large quantité d’enzymes capables de digérer les protéines, les liquides et les glucides majoritairement apportés par les concentrés. C’est également le lieu d’absorption des minéraux et des vitamines.
C’est une étape très importante car le passage d’une quantité élevée d’aliments non digérés dans le gros intestin peut s’avérer désastreuse.

Notre conseil :

  • Distribuer des petites quantités d’aliment afin de leur permettre d’être digérées correctement.
  • Ne changez pas brusquement de type de concentré puisque la production d’enzymes devra être adaptée afin de garder une digestion optimale. (1 semaine de transition est nécessaire.)

Étape 4 : Le gros intestin


Le gros intestin représente plus de 60% du volume digestif total pour 25 à 30% de la longueur totale du tube digestif. Il présente un pH neutre, une forte humidité, une température de 38°C et une anaérobiose. Son brassage est continu et l’arrivée des substrats est constante. Il est donc, grâce à ses propriétés physico-chimiques le lieu idéal pour la croissance et l’activité microbienne.

La digestion des fibres dépend de cette activité microbienne et du temps de rétention durant lequel les parois végétales sont exposées (1,5 à 5h dans le caecum, soit 10 à 15% du temps total de rétention dans le tractus digestif dans le caecum, et 12 à 47h dans le côlon, soit 60 à 80% du temps total de rétention dans le tractus digestif dans le caecum). Les AGV (acides gras volatils) qui en résultent représentent la principale source d’énergie du cheval, jusqu’à 80%.

Une flore digestive en bonne santé permet une valorisation optimale de la ration et donc des chevaux en pleine forme !

Notre conseil :

  • Des fibres, des fibres, des fibres !
  • Et un soutien à la flore digestive si besoin (cf Natural’Digest).
  • Sortez vos chevaux au maximum afin de garder une motricité digestive assez élevée.