Focus sur le comportement du cheval

Le cheval est un animal grégaire (vie en groupe) pour qui le premier mécanisme de défense instinctif est la fuite. Or, l’environnement dans lequel vivent aujourd’hui les chevaux dits “modernes” peut engendrer des facteurs de stress supplémentaires : comportement de l’Homme, entraînement, compétition, isolement, vie en box, etc. De son côté, la jument est parfois soumise à des syndromes menstruels pendant ses chaleurs qui influent sur son comportement, ses performances et son bien-être. Autant de causes qui peuvent faire apparaitre des troubles comportementaux chez nos acolytes… 

Une anxiété presque naturelle…

À l’état sauvage, le cheval a un statut de proie. C’est pourquoi, il choisira de vivre dans de vastes espaces à la vue dégagée pour voir arriver d’éventuels prédateurs et alerter le groupe. C’est aussi la raison pour laquelle, il est toujours aux aguets ! (Tu vois le genre de cheval qui sursaute à chaque pet de mouche ? Hé ben… désolée mais c’est sa nature…). De plus, c’est animal grégaire qui vit en groupe avec une hiérarchie entre les leaders (donneurs d’alerte) et les dominés (qui ont plutôt tendance à suivre le mouvement), caractères que l’on reconnaît souvent !

Il est vrai que le cheval s’est en partie adapté à ce nouveau mode de vie, mais certains individus montrent cet instinct naturel plus présent & développé que d’autres… 

Les principales causes de stress chez les chevaux modernes & quelques pistes pour y remédier…

  • Sevrage

    La séparation est une source de stress très importante tout au long de la vie du cheval dont le premier traumatisme se fait au sevrage. Il est alors important de donner une attention particulière à cette étape afin de “limiter les dégâts” en offrant au poulain un environnement proche de celui qu’il avait avec sa mère et surtout avec d’autres poulains ou chevaux

  • Débourrage/Entrainement

    Le débourrage couplé souvent à un nouvel environnement est aussi une étape clé qui conditionne la carrière complète d’un cheval. Une mauvaise gestion peut engendrer des soucis à long terme… Prenez le temps, observez, écoutez, adaptez-vous à lui et pas l’inverse… C’est aussi vrai pour l’entrainement en général !

  • Vie en box / en espace clos

    Le cheval vit dans des espaces clos et même parfois fermés (box) ce qui représente une source de stress puisqu’il ne peut pas s’enfuir et encore moins voir arriver les dangers. Préférez une vie dehors au maximum, en troupeau si possible. Mais surtout observez-le afin de lui offrir quelques petites adaptations qui pourraient l’aider à se sentir mieux (place du box dans l’allée, voisins, mur ou barreaux, etc).

  • Isolement

    Le cheval est un animal grégaire qui a besoin de vivre avec ses congénères pour se sentir rassuré. Il est important de faire en sorte qu’il ne se retrouve jamais seul.

  • Mode d’alimentation

    Dans la nature, le cheval mange plus de 18h par jour, ce qui contribue à l’occuper (en plus de contribuer à sa santé digestive… mais là n’est pas le sujet). Les repas fractionnés engendrent du stress et de l’énervement dans certains cas. Il suffit de rentrer dans une écurie à l’heure du repas pour le comprendre… Offrez-lui du foin à volonté, des repas à heures fixes pour le rassurer.

  • Comportement de l’Homme

    Bien qu’elle ne soit pas la cause de tous les maux… Le comportement de certains Hommes peut être traumatisant pour le cheval et avoir un impact sur toute sa vie. Respectez-le dans son ensemble : son caractère, son humeur, sa volonté, son tempérament, son physique, son potentiel. Formez un couple et surtout essayez de ne pas lui jeter vos tracas du quotidien à la tête par votre humeur et/ou vos actions. Il n’a rien demandé… 

  • Transports

    Les transports sont aussi un facteur de stress très important chez le cheval. Il est important de ne pas bruler les étapes et le rassurer au maximum. 

…Et les conséquences ?

Le stress et l’anxiété chez le cheval peuvent avoir de nombreux effets néfastes sur sa santé et son comportement. Les plus fréquents étant : les problèmes digestifs (ulcères, coliques, diarrhées), les tics (à l’air, à l’ours), les comportements dangereux (pouvant engendrer des blessures fréquentes) ou encore les comportements quotidiens (cheval qui se couche peu, qui ne supporte pas d’être attaché, qui ne mange pas bien, qui ne supporte pas de voir le voisin partir de son box, etc).

Il est important de souligner que certains chevaux ne montrent aucun signe de stress/anxiété et le sont pourtant profondément. Un cheval qui extériorise beaucoup n’est pas forcément le plus anxieux !